SUR LE FIL /
Pendant que nos bouches fument sur le gel matinal,
Pendant que nous expirons notre souffle fragile,
Sur les bétons aux lignes originales,
Déformé par la lueur des flammes habiles.
Certains se pressent à l’oratoire,
Vite, c’est son tour faudrait pas le louper,
Ecarte les épaules gênantes, bouscule pour passer
Nous allons bien voir, peut être même y croire.
Vont-ils parler de nous, s’en souviennent-ils seulement.
Ses bras s’agitent dans tous les sens, il parle fort
Le ton est appuyé et parfois menaçant,
Mais nous ne somme pas le sujet, il faut attendre encore.
Sa bouche ne fume plus sur le gel matinal,
Sur les bétons aux lignes originales.
Pendant que nous étions entassés sur le fil,
Il est tombé soudain, le souffle trop fragile.
Du coté des volailles qui s’agitent au parloir,
Dans la basse cour des races « députoire »,
C’est sure personne ne tombera ce soir.
Chez eux c’est sur personne ce soir…
Nous passerons tandis qu’ils resteront,
Ils resteront pendant que nous passerons.
Il est tombé soudain, le souffle trop fragile,
Et nous, nous resterons entassés sur le fil…..
Gabriel Ortet.
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